Dans son excellent livre « Photographing Families: Tips for Capturing Timeless Images« , Michele Celentano affirme qu’être photographe portraitiste c’est 20% de technique et 80% de compétences en relations humaines et je suis entièrement d’accord avec son affirmation ! Je ne peux donc que vous conseiller de faire de temps à autre un bon petit nettoyage émotionnel en participant à des groupes de Communication Non Violente. Comme je suis aussi professeur de la Technique Alexander, je vous recommande aussi de pratiquer une méthode qui favorise la conscience dans l’instant.

La Communication Non Violente (CNV) c’est quoi ?

La CNV a été développée par Marshall Rosenberg, psychologue américain, suite à sa frustration de ne pas trouver de sens dans son métier de clinicien qui lui demandait de plus en plus de travail administratif et de moins en moins de relations avec les patients. Il a donc quitté son travail et est devenu taximan ! Convaincu par les travaux de Carl Roger il a voulu continuer dans cette voie. C’est dans son taxi qu’il a commencé à écouter ses voyageurs avec empathie en leur reformulant leurs sentiments et leurs besoins. Et ça a plutôt bien fonctionné !

Ce que j’admire énormément dans le processus de la CNV, c’est qu’il est d’une simplicité rare. Pas de complications, de théories fumeuses ni de prises de tête. Qui dit simplicité théorique ne dit pas forcément facile à mettre en œuvre au quotidien puisque la CNV, dans son sens plus large est une philosophie et un mode de vie. La CNV nous propose de réapprendre à communiquer et écouter autrement. D’abord avec nous même, puis avec les autres. C’est un peu comme apprendre une langue étrangère : ça met du temps et cela demande de la volonté. Le pouvoir de transformation personnelle qui fait partie de la CNV est tellement incroyable que ça en vaut vraiment la peine !

Voici une introduction très résumée des principes de la CNV qui est décrite bien plus en détails et avec bien plus d’éloquence dans le livre Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) de Marshall Rosenberg

Les 4 étapes de la CNV

L’observation

Qu’est-ce qui dans les paroles ou les actes d’autrui, contribue ou non à notre bien-être ? L’important est de parvenir à énoncer ces observations sans y mêler de jugement ou d’évaluation – ce qui revient à dire simplement quels sont les faits que nous apprécions ou n’apprécions pas.

Marshall B. Rosenberg – Les mots sont des fenêtres ou des murs p. 22
  • L’observation se veut neutre
  • Elle se limite donc aux faits
  • Elle évite les jugements et les interprétations
    • Par exemple : « Quand tu me dis que je ne range jamais la cuisine. »
    • Au lieu de : « Tu me critiques toujours alors que je viens de ranger la cuisine hier, ce n’est pas juste !. »
  • La CNV invite à prendre la responsabilité de ce que vous dites
  • La grammaire CNV évite les mots comme enfermants comme : toujours, jamais, souvent, mais etc.

Les sentiments

Puis, nous disons ce que nous ressentons en présence de ces faits : sommes-nous tristes, joyeux, inquiets, amusés, fâchés ?

Marshall B. Rosenberg – Les mots sont des fenêtres ou des murs p. 22
  • La CNV propose de vous connecter à vos sentiments pour identifier et exprimer ce qui se passe en vous dans des situations agréables ou désagréables.
  • Exemple : « Quand tu me dis que je ne range jamais la cuisine. Je me sens déçu, en colère et triste. »

Les besoins

En troisième lieu, nous précisions les besoins à l’origine de ces sentiments.

Marshall B. Rosenberg – Les mots sont des fenêtres ou des murs p. 22
  • Un sentiment positif est en lien avec un besoin comblé. Un sentiment négatif est en lien avec un besoin inassouvi.
  • Prendre le temps de vous arrêter un instant pour conscientiser les besoins liés à vos sentiments, est enrichissant tant pour vous que pour votre interlocuteur.
  • Pour des besoins en relation avec une autre personne, la CNV évite les formulations comme: « j’ai besoin que TU … » Elle vous propose plutôt d’ajouter un mot qui vous responsabilise : « J’ai besoin d’être sûr que tu … » ou « J’ai besoin de voir que tu … » etc.
  • Exemple: « Quand tu me dis que je ne range jamais la cuisine. Je me sens déçu, en colère et triste. J’ai besoin d’être sûr que tu as vu que je l’ai rangée hier. Je n’ai simplement pas envie de le faire maintenant car j’ai besoin de me reposer. »

La demande

  • Une demande est négociable, précise dans le temps, le lieu etc.
  • Exemple : « Est-tu d’accord qu’on en parle maintenant, dans ta chambre pendant 10 minutes ? » NON… « Est-tu d’accord qu’on en parle dans une heure au même endroit ? »
  • Exemple : « Quand tu me dis que je ne range jamais la cuisine. Je me sens déçu, en colère et triste. J’ai besoin d’être sûr que tu as vu que je l’ai rangée hier. Je n’ai simplement pas envie de le faire maintenant car j’ai besoin de me reposer. Est-tu d’accord que je range la cuisine dans 20 minutes, après ma petite séance de repos ? »

Les formes de communication aliénante

Marshall Rosenberg attire notre attention sur ce qui peut envenimer les relations dans notre communication :

  • Les jugements moralisateurs
  • Faire des comparaisons
  • Le refus de responsabilité
  • Avoir des exigences envers les autres
  • La croyance du mérite

Vous aurez compris que ce type de communication dépasse bien le cadre d’une séance photo. Je trouve juste que c’est un outil merveilleux pour laisser les enfants s’exprimer et se faire comprendre clairement avec les enfants et les adultes. Je trouve aussi que c’est un bon moyen pour parler du stress de se retrouver devant l’objectif.

Et vous : avez-vous déjà pratiqué la CNV ? Avez-vous déjà suivi une formation ou lu un livre sur le sujet ? N’hésitez-pas à laisser vos impressions dans les commentaires.