Le capteur est la partie photosensible qui va capter la lumière et créer l’image à enregistrer sur la carte mémoire. C’est un peu l’équivalent de la pellicule argentique sauf que vous ne devrez pas en changer. Vous pourrez aussi directement changer sa sensibilité ! Ceux d’entre-vous qui ont travaillé avant l’arrivée du digital – non, je ne vous ai pas appelé dinosaures… je n’oserais pas 🙂 – crieront victoire ! Il va donc de soi qu’un appareil photo doit avoir un bon capteur pour mériter de se retrouver entre vos mains !

Vous êtes pressés : voici les quelques points à retenir au sujet du capteur

  • De manière générale: plus le capteur est grand, plus la qualité d’image est bonne mais plus l’appareil photo sera cher. (Pour le prix: c’est surtout vrai entre les « petits capteurs » APS-C, Micro 4/3 et le Full Frame qui, lui est encore relativement coûteux)
  • La différence de qualité d’image entre un petit et un grand capteur se fera surtout sentir dans des situations difficiles : basse lumière, scènes avec une grande dynamique (paysages, contre-jours etc.)
  • Les constructeurs ont fait de énormes progrès et à partir du Micro 4/3, je pense que la qualité d’image sera plus que suffisante pour un photographe amateur – donc, pas de problème à ce niveau là.
  • Certains capteurs ont un peu plus de dynamique que d’autres
  • Aujourd’hui, la définition (nombre de mégapixels) compte uniquement si vous voulez réaliser d’énormes impressions d’art à afficher dans des musées (ou chez vous) ou si vous voulez recadrer drastiquement vos photos
  • Plus vous aurez de définition (nombre de mégapixels) plus les fichiers seront lourds : ça prendra plus d’espace disque dur par photo et des ralentissements seront possibles pendant le post-traitement si vous avez un « vieil » ordinateur et que vous travaillez en RAW.
  • Plus la définition (nombre de mégapixels) du capteur est élevée, plus les objectifs que vous utiliserez sur votre boîtier devront être de qualité sinon à quoi bon avoir un capteur avec autant de résolution ?
  • Lorsque vous achetez des objectifs : tenez compte du facteur multiplicateur que votre capteur engendre pour l’angle de vue réel : focale x 1,5 pour les APS-C Canon, Nikon, Pentax et Sony | focale x 1,6 pour les APS-C Canon | focale x 2 pour les Micro 4/3
  • Si vous achetez un appareil neuf aujourd’hui : n’importe quelle marque et modèle aura de très bons capteurs comparé à ce qui se faisait il y a quelques années. Ne faites pas du choix du format et de la marque du capteur une maladie. Les petites différences entre les marques peuvent parfois sauver une image très mal exposée ou une situation lumineuse très difficile mais pour la majorité des photos prises en bonne lumière, ça ne changera pas grand chose.

Pourquoi le capteur est si important… OU PAS ? 😉

Généralement, plus le capteur est grand, plus la qualité d’image sera bonne. Heureusement, ce n’est plus tout à fait vrai aujourd’hui, certains capteurs APS-C ont de meilleures performances que des capteurs full frame plus anciens. Ces dernières années, les fabricants ont fait d’énormes progrès ! À génération égale, les plus grands capteurs génèrent quand même moins de bruit numérique en basse lumière (grain assez laid sur la photo) et ont une meilleure plage dynamique.

Ne vous prenez quand-même pas trop la tête sur ce point ! À partir des capteurs micro 4/3. La qualité d’image sera suffisante pour la grande majorité des photographes amateurs !

Vous lirez un peu partout sur internet que les plus grands capteurs ont une plus faible profondeur de champ. Ce qui n’est scientifiquement pas tout à fait vrai, en tout cas l’impact du seul capteur n’est pas aussi fort que ce qu’on laisse croire ! Par contre, ce qui est vrai, c’est qu’à l’usage et à ouverture égale, vous obtiendrez plus facilement une faible profondeur de champ avec un grand capteur. Pour cadrer une photo de la même manière (à distance égale), il faut en effet utiliser une focale plus longue sur un grand capteur et c’est surtout cette différence qui jouera en faveur de celui-ci pour obtenir une profondeur de champ plus courte ! Je trouve que c’est particulièrement vrai sur les focales plus courtes où l’on obtient plus facilement du flou d’arrière plan sur un grand capteur. Serais-je en train de justifier l’achat de mon Canon EOS 6D full frame et de mon 35mm f/1.4 ? Peut-être… 🙂

Les différentes tailles de capteur :

Eh oui ! Comme le montre bien l’image ci dessous, il y a des capteurs de toutes les tailles. Et, de manière générale plus le capteur est grand… plus l’appareil sera cher ! Comme dans l’immobilier on paye à la surface… sauf qu’ici c’est au millimètre carré ! 😉

C’est assez logique : par exemple : un capteur Micro 4/3 a 3,84 fois moins de surface qu’un capteur plein format (ou full frame).

Source : Wikipedia |Auteur : Rennie Pet

Laissons de côté le moyen format qui est réservé aux professionnels et à quelques amateurs fortunés (certains appareils peuvent coûter plus de 50.000 € !) Laissons aussi de côté les petits capteurs d’un pouce qui équipent les compacts ainsi que le capteur APS-H qui était un format pour les appareils destinés à la photo de sport professionnelle Canon.

Il nous reste donc :

Le capteur micro 4/3​

  • ​Ils équipent les mirrorless Olympus et Panasonic.
  • Ils ont un coefficient multiplicateur de 2 : un objectif de 25mm aura donc l’équivalent de l’angle de vue d’un 50mm en plein format. (Je rappelle que, physiquement, la focale reste bel et bien de 25mm)

Les plus

  • Je trouve que le micro 4/3 a pas mal d’avantages car il est assez petit pour que les objectifs restent vraiment compacts et légers. En choisissant les bonnes focales fixes, ce type de capteur est assez grand pour avoir de beaux flous d’arrière plan lors de portraits et autres photos artistiques.
  • Panasonic et Olympus font donc de vrais petits appareils photos dont la qualité d’image et les possibilités créatives restent excellentes malgré un capteur relativement petit comparé aux autres marques.

Les moins

  • Les capteurs micro 4/3 sont un peu plus sensible au bruit (grain) en basse lumière. Leur sensibilité ISO commence souvent à 200 ISO au lieu de 100 ISO. Si vous envisagez de faire énormément de photos à l’intérieur, il vaudra mieux investir dans de bonnes petites focales fixes à grande ouverture.

Le capteur APS-C​

Ce sont les capteurs qui équipent tous les appareils Réflex « amateur » Canon, Nikon , Pentax et Sony ainsi que la plupart des hybrides Canon, Sony et Fuji. Les capteurs APS-C récents sont quasiment aussi bons que les Full Frame d’il y a quelques années en terme de qualité d’image en basse lumière et de plage dynamique. Comme ils sont plus grands que le micro 4/3, vous perdrez un peu l’avantage des minuscules objectifs mais vous gagnez en qualité d’image en basse lumière. Les appareils sont petits mais, de manière générale, les objectifs sont un peu plus gros.
Fujifilm, qui ne fait que des appareils mirrorless APS-C depuis peu de temps a une gamme d’objectifs plus compacts que Canon, Nikon et Pentax. Sony (avec sa monture E) et Canon (avec sa monture M) proposent aussi des objectifs légèrement plus compacts que leurs objectifs pour réflex. Néanmoins il y a tellement peu d’objectifs pour la monture M de Canon qu’il m’est impossible de conseiller cette marque en hybride. Ils ont bien sûr crée un adaptateur pour leurs objectifs EF (réflex) mais vous vous retrouverez alors avec un petit boîtier et un énorme objectif ! À conseiller uniquement si vous avez déjà plein d’objectifs Canon et que vous voulez un Mirrorless en plus d’un autre boîtier Canon.

Attention ! Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Il y a des réflex et des hybrides professionnels équipés de capteurs APS-C. Ils sont spécialement destinés aux passionnés de photo de sport et de photo animalière qui ne veulent pas investir dans des appareils plein format ou qui veulent utiliser ce type de boîtier comme second appareil pour profiter du facteur multiplicateur pour leur longues focales. Ces appareils peuvent d’ailleurs être de très bons candidats pour la photos d’enfants en mouvement : leur autofocus est très performant !

Le capteur Plein Format (full frame)

  • Ce sont des capteurs qui ont exactement la taille des « anciens » films des appareils compacts et réflex « 24×36 » ou 135. On les appelle 24×36 parce que la taille du capteur est de 24mm x 36mm ! Logique, non ? Paradoxalement, c’est ce qu’on appelait à l’époque du film les appareils petit format !
  • En anglais on les appelle les capteurs Full Frame.
  • En digital, le full frame ça reste encore assez cher même si sony à jeté un pavé dans la marre en 2013 en sortant son hybride Full Frame pour « seulement » 1200€ en prix de lancement.
  • Ce sont les plus grands capteurs destinés au grand public
  • La qualité d’image est très bonne dans de nombreuses situations difficiles (basse lumière, scènes très dynamiques, rendu des différentes nuances couleurs…)
  • La profondeur de champ peut être très courte et l’autofocus doit donc être très précis pour que la netteté soit optimale
  • Comme capteur pour votre premier appareil photo c’est peut être un peu « overkill » (vu le budget), mais c’est à vous de voir !

À savoir

Canon et Nikon ont, pendant des années braqué tout leur marketing sur le Full Frame pour faire en sorte que l’APS-C reste du domaine de « l’amateur » et que le passionné de photo et le professionnel veuille débourser énormément pour acheter le « Saint-Graal » Full-Frame. Aujourd’hui, et surtout depuis l’arrivée de FujiFilm sur le marché des hybrides, on a la preuve qu’avec des objectifs spécialement conçus pour ce format, la qualité est très bonne. De nombreux professionnels sont passés à Fuji ou même Sony et sont très heureux de leur choix. Canon et Nikon ont produit quelques objectifs spécialement conçus pour l’APS-C mais pas énormément et leur monture est une monture créee pour le plein format.

Le coefficient multiplicateur

Quant le numérique est arrivé sur le marché, les capteurs numériques étaient tellement chers que les constructeurs ont été obligés de réduire leur taille par rapport à la taille des films 24x36mm : la norme est alors devenue l’APS-C (23x15mm) et c’est d’ailleurs toujours la norme pour les appareils réflex « amateur » mais pour je ne sais quelle raison, les habitudes des photographes au niveau de l’angle de vue des focales est resté gravée dans l’époque du 24x36mm… On a commencé à parler d’équivalence d’angle de vue entre les capteurs.

En effet l’angle de vue d’un 50mm sur un capteur APS-C (Nikon, Pentax, Sony, Fujifilm) est à multiplier par 1,5… un objectif de 50mm monté sur un capteur APS-C, donnera l’angle de vue d’un objectif de 75mm en plein format. Alors que si on monte ce même de objectif de 50mm sur un appareil plein format, il donnera l’angle de vue d’un « vrai » 50mm.

Petite exception pour la marque Canon qui a un capteur APS-C légèrement plus petit, le coefficient multiplicateur est de 1,6… un 50mm aura donc un angle de vue équivalent à un 80mm en plein format.

Pour les capteurs micro 4/3 le coefficient multiplicateur de 2 : un 25mm donnera donc l’angle de vue équivalent d’un 50mm sur un plein format.

La définition du capteur

C’es le nombre de « mégapixels » dont tout le monde parle, surtout les vendeurs. 😉

Si vous n’imprimez pas régulièrement vos photos en format « poster géant » ou que vous ne voulez pas recadrer vos photos énormément, le nombre de mégapixels tient aujourd’hui plus du domaine du marketing qu’autre chose. Théoriquement 10 à 12 mégapixels suffisent pour imprimer bien grand si l’on regarde la photo imprimée à une distance normale. À moins d’avoir un besoin vraiment spécifique, je pense que ce critère ne doit pas entrer en jeu.
Vous pouvez donc même acheter un ancien Canon 5D « full frame » semi-professionnel à 200 euro ou moins d’occasion et faire des photos totalement utilisables avec ses 12 méga pixels. 😉
Petits contres exemples très particuliers qui ne concernent pas vraiment les amateurs : Un photographe qui prend des photos d’animaux qui sont trop loin et que même le meilleur des téléobjectifs n’arrive pas à cadrer correctement va recadrer les bords inutiles et ne garder que l’animal et donc perdre en résolution. Il aimera donc avoir un capteur avec une super définition. Un photographe de studio qui produit des publicités qui seront agrandies aura parfois besoin de beaucoup de résolution.
Le plus gros problème aujourd’hui c’est que les capteurs ont tellement de résolution que les autofocus doivent être super précis. Les objectifs doivent aussi être de très bonne qualité pour vraiment bénéficier de toute la résolution du capteur.

Tous les appareils vendus actuellement on bien assez (trop) de mégapixels pour une utilisation amateur… ne vous laissez pas prendre par cet enjeu là, à moins d’avoir des besoins vraiment spécifiques !

La dynamique du capteur

Lorsque vous regardez un paysage à l’œil nu vous verrez sans doute le ciel bleu et la belle herbe verte en même temps. Les capteurs photo ont du mal avec ce genre de scènes très contrastées. Il faudra généralement, soit exposer pour le ciel et l’herbe sera sous exposée (presque noire), soit exposer pour l’herbe et le ciel sera cramé (tout blanc). Plus le capteur a de dynamique plus il sera facile restituer des scènes très contrastées en prenant soin de ne pas cramer le ciel et en récupérant les ombres au post-traitement. Les capteurs Canon ont été un peu en deçà dans ce domaine ces dernières années. Rien de bien grave non plus. Les capteurs Sony qui équipent les appareils Sony, Nikon et Pentax s’en sortent mieux. C’est bon à savoir mais à moins d’avoir vraiment régulièrement besoin de récupérer beaucoup d’informations dans les ombres de vos images très régulièrement, n’en faites pas une maladie non plus. 😉

Voilà qui fait encore beaucoup d’informations à digérer… rendez-vous dans le prochain article sur l’autofocus et les autres fonctions utiles d’un appareil photo. D’ici là, n’hésitez-pas à donner votre avis dans les commentaires !