Niki Boon : comment un changement de vie vers plus de simplicité l’amène à devenir photographe

Après la présentation de Sally Mann et d’Alain Laboile, voici Niki Boon : une photographe néo-zélandaise autodidacte. Cette kinésithérapeute a vécu sur plusieurs continents. Après une remise en question totale de sa vie, elle décide, avec son mari, de retourner vivre en Nouvelle-Zélande dans une ferme située sur un grand terrain. Dans la foulée, elle déscolarise ses enfants. C’est cette vie là qu’elle a commencé à documenter au jour le jour. Quand ses amis et connaissances ont vu la qualité de ses photos, ils l’ont poussée à les partager sur les réseaux sociaux.

Elle a depuis lors été publiée sur de nombreux blogs et a eu l’occasion de présenter son travail lors d’expositions. Ce n’est qu’assez récemment qu’elle s’est mise à proposer des prestations de service pour des familles. Je vois le travail de Niki Boon comme la continuation des travaux de Sally Mann et d’Alain Laboile. Tous les trois nous replongent dans la nostalgie de l’enfance en génénral. Les émotions de liberté, de joie, de frustration, de tristesse ainsi que le côté “sauvage” de cette période de vie sont magnifiées. Ils ont tous les trois tendance à privilégier les focales assez courtes et travaillent (principalement) en noir et blanc.

Niki Boon et Alain Laboile : la controverse de plagiat

Il m’est difficile de parler de Niki Boon sans évoquer la controverse qui la lie avec Alain Laboile. Elle ne cache absolument pas qu’elle est “fan” de ses photos. À un moment de son évolution photographique elle a, consciemment ou non, copié le style d’Alain Laboile. Il s’est alors plaint de plagiat dans une lettre ouverte qui montre 5 photographies étonnamment ressemblantes. Je dois dire que mon avis sur la question est assez partagé. Niki Boon est sans aucun doute une excellente photographe et le reste de son travail photographique dépasse largement les quelques images inspirées d’Alain Laboile. Il n’y a aucun doute là dessus.

Mais quand on voit les cinq photos en question on peut effectivement se poser des questions. Je ne pense pas non plus avoir vu que Niki Boon essaye de vendre ses photos (pour en faire son activité principale) en galleries alors que c’est ce qu’Alain Laboile fait. Ce que je trouve moins compréhensible dans cette histoire c’est qu’Alain Laboile n’a apparemment pas vraiment essayé de la contacter directement avant d’écrire sa lettre ouverte. Enfin, de tout de façon, sur internet, une bonne polémique fait toujours le “Buzz” et c’est ainsi qu’on parle encore plus de ces deux photographes. LOL !, Je vous laisse faire votre opinion sur la question. Si l’envie vous brûle vraiment , n’hésitez-pas à donner votre avis sur la question dans les commentaires !

On « vole » tous un peu dans nos processus créatifs…

Pour parler de mon expérience personnelle, j’avoue que j’ai aussi pris une photo de mes enfants dans une brouette (c’est une des photos qu’Alain Laboile amène « sur la table » pour le plagiat). Nous avions laissé notre fils plus âgé dormir chez ses grands parents et c’est eux qui ont eu l’idée de transporter Emrys en brouette. Le lendemain alors que nous étions présents, il a voulu retenter l’expérience et a voulu la partager avec son petit frère… J’ai immédiatement pensé que ça pourrait faire une superbe photo de filé. Ma photo est cadrée un peu différemment mais bon… À aucun moment je ne me suis dit, il faut que je copie Alain Laboile ou même Niki Boon. Je suis conscient qu’en traitant la photo en noir et blanc, je m’approche de leur style et qu’ils ont fait des photos qui ressemblent fort à ce que j’ai fait. Ici, mon but n’étant pas de vendre la photo mais bien de garder un souvenir pour ma famille, je ne vois pas le problème. Je pense que ce genre de situation de similarité arrive souvent. Je trouve ça donc assez normal que ce type de photos se retrouve dans nos “portfolios”.

De plus il y a énormément de situations où “les grands esprits se rencontrent”… On parle bien du bozon de Higgs, Brout et Englert. Ici en Belgique en tout cas c’est comme ça qu’on l’appelle. 😉 (c’est découverte scientifique en physique nucléaire)

Pour terminer cette section voici une petite citation de Pablo Picasso que j’ai trouvée dans le très bon livre « Voler comme un artiste » d’Austin Kleon publié aux Éditions de l’Homme.

Les bons artistes copient, les grands artistes volent.

Pablo Picasso

La polémique n’enlève rien aux à la qualité de ses photos

Voilà, je voulais parler de mon admiration pour le magnifique travail de Niki Boon et cette histoire de plagiat prend plus de place que le reste… dommage. 🙁

J’espère que vous arriverez encore à apprécier leurs travaux respectifs après ces lignes quelque peu polémiques. 😉

Voici le site internet personnel de Niki Boon et son site de prestations de services qui a l’air plus à jour. N’hésitez-pas à la suivre sur Instagram et sur Facebook

Pour ma part, je reste “fan” des deux photographes, j’aimerais un jour pouvoir les rencontrer pour parler de leur vision du monde et de l’enfance. 😉

Pour terminer, voilà ce qui, selon moi, fait que son travail est intéressant:

  • Un style documentaire qui favorise l’émotion et le « storytelling » plutôt que la technicité parfaite
  • Une cohérence de sujet, ses enfants sont quasiment toujours en train de jouer dans la nature
  • Un sujet humain auquel tout le monde peut s’identifier surtout pour les personnes vivant en ville, ça donne une vision un peu idéalisée de l’enfance « sauvage » en pleine nature
  • Une bonne gestion de la lumière tant dans l’heure des prises de vue que dans les angles de prise de vue
  • Des cadrages forts et assumés
  • Une cohérence dans ses post-traitements noir et blanc

Au passage, je les remercie d’ailleurs de partager leur travail sur les réseaux sociaux car grâce à eux, j’ai une bonne source d’inspiration et la motivation d’améliorer mes propres photos !