Hello les parentographes ! Je ne sais pas pour vous mais je dois avouer que j’ai un petit faible pour les belles lumières lors de la Golden Hour (la fameuse heure dorée)… D’ailleurs ce n’est pas pour rien que je lui mets des majuscules… pour moi, ce sont mes 2 moments préférés de la journée pour les photos. Vous n’imaginez pas ma frustration d’avoir laissé passer tant de ces moments parce que les jeunes enfants vont souvent se coucher trop tôt pour en profiter alors que nous étions en appartement à Bruxelles et qu’il fallait marcher 10-15 minutes pour arriver au premier parc. J’en profite pour célébrer la chance que j’ai d’être maintenant dans une maison avec jardin. Surtout en ces temps de confinement suite au coronavirus 😉

J’ai aussi un petit faible pour les photos prises en situation de « backlighting » où la lumière principale vient de derrière et entre directement dans l’objectif mais j’ai aussi quelques frustrations quand je photographie ainsi.

En effet, je suis souvent seul avec mes enfants lorsque je les photographie. Puis, je ne tiens pas non plus à transformer ma compagne en assistante photographe. Elle n’est pas là pour tenir un réflecteur ou un monopode avec une petite softbox à chaque fois non plus. Même si je devrais apprendre à lui demander de le faire de temps en temps car je ne l’ai quasiment jamais fait, en fait… 😉

Peut-être que je fais un style plutôt documentaire un peu par flemme de devoir décider où, quand et comment sont prises mes photos et aussi parce que j’ai peur de demander des choses aux gens ? (Ouille, le côté auto-thérapeutique du blog commence déjà à faire son apparition… LOL !)

Je n’ai donc que très peu souvent de belles lumières directement sur les visages et mes images sont souvent réussies mais assez « plates » au niveau du contraste.

Ce matin j’ai donc décidé de me remettre au flash déporté pour pallier à tous ces problèmes.

Les avantages du flash déporté dans cette situation :

  • Je peux décider de la quantité, de la direction et de la qualité de lumière qui arrivera sur mes sujets.
  • Je peux décider de garder une exposition correcte pour le fond et arrêter de devoir le « cramer » pour que l’exposition des visages soit bonne.
  • Je peux bénéficier du beau « soleil qui rentre dans l’objectif » tout en ayant le paysage et mes petits sujets exposés correctement.
  • Le contraste des photos est bien meilleur.
  • Les couleurs sont plus belles (j’ai souvent un effet très rosé en backlighting un peu extême avec mon 6D).
  • J’ai ENFIN des catchlights dans les yeux de mes petits sujets quelle que soit l’orientation de leur tête (pour peu qu’ils regardent dans la direction du flash, bien-sûr…)
  • Je dois décider de ma photo à l’avance : où, quoi, quand et comment ? Ça me force à être acteur de la création de la photo plutôt qu’à documenter ce qui se passe comme j’ai l’habitude de le faire.
  • Le résultat est quand même vraiment top, tout en restant naturel…
Voici un exemple de ce que l’on peut obtenir. J’ai fait le choix de garder l’arrière plan le plus naturel possible et d’utiliser le flash pour donner une petite « bise » de lumière sur les enfants pour qu’ils soient aussi éclairés par l’avant.

Les inconvénients du flash déporté

  • Je ne peux pas suivre ses enfants partout et prendre des photos sur le vif
  • Les photos sont donc un peu moins « naturelles »
  • La logistique
    • Il faut monter et trimballer un pied flash, une petite softbox
    • Il faut avoir des piles chargées…
  • C’est un peu plus long pour régler l’exposition (quoique c’est plus facile qu’il n’y parait)
  • Les enfants doivent rester au « bon » endroit
  • Ils peuvent être distraits par le matériel
  • Le temps de concentration des enfants en mini-session photo est assez court mais, au final, c’est presque un avantage car on doit être rapide techniquement et au final on a moins de photos sélectionner et à traiter.

Maintenant qu’on a vu les avantages et inconvénients passons au…

Matériel nécessaire

Vous aurez besoin :

  • D’un trépied pour flash
  • De l’accessoire pour attacher le flash au trépied
  • D’un ou deux contrôleur(s) radio ou infra rouge (ou filiaire mais c’est un peu du passé, ça non ?)
  • D’une softbox
  • Et d’un flash cobra ou un « monobloc de studio » (Noooon ?!? 🙂 )

Remarquez qu’ici j’ai utilisé du matériel assez basique : Yongnuo est une marque chinoise pas chère (même si le flash est plutôt dans le haut de leur gamme) Neewer et Wallimex ne sont pas des marques chères non plus. Pas besoin d’un flash studio Profoto ou Broncolor même si ils seront tout à fait capables de réaliser la même chose et plus encore.

Ma seule raison d’utiliser un flash un peu plus haut de gamme est de pouvoir bénéficier de la la fonction HSS ou High Speed Sync. En français dans le texte ça donne synchronisation à haute vitesse. Cela permet d’utiliser le flash à des temps de pauses plus élevés que la limite de ton appareil. (pour mon 6D c’est 1/180e de secondes).

Mais pourquoi utiliser des temps de poses plus courts ? Pour pouvoir utiliser des ouvertures plus grandes en combinaison avec le flash (sans devoir utiliser de filtre neutre devant l’objectif) et faire des photos avec des flous d’arrière plans plus crémeux ! Qui n’aime pas le bokeh ? 😉

Attention toutefois : si vous utilisez la fonction HSS vous aures une perte de puissance du flash et, avec beaucoup de lumière ambiante vous aurez peut-être trop peu de puissance ou des temps de recyclages du flash trop longs entre deux photos. Et ça c’est embêtant, tant pour le photographe qui veut capter l’instant que pour le sujet qui devient vite impatient. C’est généralement à ce moment là que les gens décident d’acheter des flashs de studio sur batterie.

Ce matin, je n’ai pas eu ce problème, j’étais à 1/8 de puissance maximum. L’avantage de la Golden Hour c’est que, bien que j’aie photographié vers le soleil, c’est une heure ou il est encore rasant et donc moins « fort ».

Si vous voulez vous y mettre et que vous devez vous équiper pour des prix raisonnables, et bien que je possède 2 flash de la marque Yongnuo, je vous conseille la marque Godox.

La quasi totalité de leur gamme est compatible avec leur contrôleur radio. Vous pourrez donc évoluer en gamme et tous vos flash seront compatibles avec le déclencheur. Vous pourrez par exemple commencer par acheter un flash cobra puis, selon vos besoins acheter un flash plus puissant comme un monobloc. Vos flash cobra pourront être utilisés comme lumière d’appoint avec les plus gros flash !

En pratique, comment faire les réglages ?

La première chose à faire c’est de décider d’où va venir la lumière du flash. Apprendre à choisir un schéma de lumière est important mais je ferai un autre article à ce sujet. Aujourd’hui j’ai décidé de mettre mon flash à 30-45° des enfants à droite de l’appareil, j’aurais pu faire autrement mais c’était une bonne base pour commencer. De tout de façon, je ne suis pas hyper précis non plus puisque les enfants ont tendance à bouger. Je préfère les laisser vivre et avoir des photos plus vivantes que de leur demander de se figer dans une position bien précise.

Bon, je présume que vous n’avez pas encore investi dans un posemètre (light meter) c’est un outil pratique pour le flash mais un peu onéreux et si vous êtes toujours en train de me lire il y a peu de chances que vous en ayez un. 😉

Il va donc falloir procéder à l’essai-erreur mais pour ne pas partir dans tous les sens et que ça ne prenne pas des plombes non plus il vaut mieux avoir ce petit plan en tête :

  1. Décidez de l’ouverture que vous voulez : avez-vous besoin de beaucoup de profondeur de champ pour que tout soit net ou d’un bokeh ultra crémeux derrière tes sujets ?
  2. Faites des tests sans flash pour déterminer la luminosité de votre arrière plan en fonction de l’ouverture choisie : plus votre temps de pose sera court, plus la photo sera sombre et tout ce qui ne sera pas éclairé par le flash sera comme sur votre photo test.
  3. Vérifiez si le temps de pose choisi ne dépasse pas la vitesse maximale de synchronisation de votre boîtier photo.
    1. Si le temps de pose est plus long que la vitesse de synchronisation de votre appareil, continuez sans HSS
    2. Si le temps de pose est plus court que la vitesse de synchronisation : activez la fonction HSS sur le flash
    3. Si vous ne disposez pas de la fonction HSS sur votre flash : deux solutions s’offrent à vous
      1. fermez votre ouverture jusqu’à ce que votre temps de pose atteigne juste la vitesse maximale de synchronisation
      2. Installez un filtre neutre sur votre objectif pour atténuer la quantité de lumière qui entrera dans l’appareil.
  4. Maintenant que votre temps de pose et votre ouverture sont bonnes pour votre choix esthétique, vous pouvez doser la quantité de lumière que vous allez envoyer sur votre sujet en réglant la puissance du flash et/ou en le déplaçant plus près ou plus loin du sujet.

Quelques exemples

Ma photo de test sans flash: je voulais un rendu plutôt naturel, j’ai donc exposé quasiment normalement, la photo est exploitable comme ça mais avec flash j’obtiendrai un peu plus de contraste et des catchlights dans les yeux.
Une autre photo du résultat plus « naturel » mais avec une petite aide du flash déporté cette fois-ci
Sur celle-ci j’ai utilisé la fonction HSS : ISO100 – 1/500s – f/3.2 : Le paysage est beaucoup plus sombre et Romain est plus près du flash. La lumière dorée du soleil souligne les contours de sa silhouette.
Ici aussi je suis en HSS : ISO100 – 1/500s – f/3.2 le fond est légèrement plus sombre que sur les photos sans HSS mais ça reste quand même naturel.

Et vous, avez-vous déjà essayé le flash déporté, avez-vous envie de vous y mettre ?

Que pensez-vous de ces mes photos ? Qu’aurais-je pu faire pour améliorer les images ?

Discutons-en dans les commentaires !